Ce week-end de fin mai, des cadres supérieurs descendent en rappel, des nageuses font leur grand show sur le bitume et un pêcheur jongleur navigue sans eau dans les rues du nord de Paris. Le Printemps des Rues revient pour sa 29e édition les samedi 30 et dimanche 31 mai 2026 dans les 10e, 18e et 19e arrondissements, avec 23 représentations gratuites réparties sur deux jours. Cette année, le festival retourne le monde du travail dans tous les sens — avec humour, danse, cirque et un punk-opéra a capella chanté par quatre femmes.
Le monde du travail passé à la moulinette de la rue
Le fil rouge de cette édition 2026, c'est le boulot — ou plutôt ce qu'on en fait quand on le dépasse. Le Grand Colossal Théâtre met en scène Jean-Claude Barbès, cadre sans histoire qui va tout perdre sans comprendre pourquoi, dans un
théâtre tragico-burlesque intitulé
Batman contre Robespierre (1h10, à partir de 12 ans).
Dans un tout autre registre, la Cie Manolo Alcántara présente
Maña, un
spectacle-installation autour de la transmission d'un savoir-faire entre un grand-père et son petit-fils, où les gestes du quotidien deviennent chorégraphie (1h, à partir de 9 ans).
La F Compagnie, elle, débarque avec
Dans la limite du raisonnable, un
théâtre d'agit-prop qui envoie une société de communication en zone rurale pour arbitrer un conflit entre un éleveur de poulets et une maire vegan (1h20, à partir de 10 ans).
Du clown, du pole dance et un bateau qui roule
Les Humains Gauches proposent
Kabinet, une
séance de psychanalyse clownesque d'1h45 où la psychanalyste souffre d'une logorrhée verbale réjouissante — en sortant, selon les artistes, "vous aurez compris (ou pas) la nécessité d'aller voir quelqu'un" (à partir de 12 ans).
Cirque au Carré amène
Big Fish, une
déambulation d'une heure autour d'un bateau qui roule, piloté par un capitaine pêcheur jongleur et poète (tout public).
Et la Cie Carna présente
Les Cœurs Rouges, une
performance de pole dance 100 % masculine — trois hommes qui s'emparent de la discipline pour interroger les stéréotypes de genre à travers les travaux de l'ethnologue Françoise Héritier (25 min, tout public).
Des nageuses sur bitume et un punk-opéra féministe
Acidu signe l'un des spectacles les plus visuels du programme : cinq femmes investissent la rue pour reconstituer un
grand show de natation synchronisée, sans piscine ni eau, dans une chorégraphie qui mêle humour et urgence (
Nageuses sur bitume, 40 min, tout public).
La Cie Quartet Buccal clôt le tableau avec
#VNR, un
punk-opéra a capella interprété par quatre femmes qui racontent, en chansons, leur traversée du féminisme contemporain — des premières règles à la ménopause (1h10, tout public).
Trois arrondissements, deux jours, neuf lieux
Le
samedi 30 mai 2026, les spectacles se jouent dans le
18e (jardins Rosa Luxemburg, Le Shakirail, école Pajol) et le
19e (école Colette Magny B, jardin du Ver Têtu, parvis Rosa Parks). Le
dimanche 31 mai, cap sur le
10e, autour du canal Saint-Martin : jardin Villemin – Mahsa Jîna Amini, terrain de sport Verdun-Valmy et terrain de sport Agnès Tirop.
Tous les spectacles sont gratuits et en accès libre. Onze compagnies au total, dont une en résidence, pour 5 000 spectateurs attendus sur le week-end. Le festival existe depuis 1997 et a programmé plus de 600 compagnies depuis sa création — il ne reçoit que des artistes rémunérés pour leur travail.
Informations pratiques
- Lieux : 18e (jardins Rosa Luxemburg, Le Shakirail, école Pajol), 19e (école Colette Magny B, jardin du Ver Têtu, parvis Rosa Parks), 10e (jardin Villemin – Mahsa Jîna Amini, terrains de sport Verdun-Valmy et Agnès Tirop)
- Dates et horaires : Samedi 30 et dimanche 31 mai 2026 de 11h à 19h45
- Prix : Gratuit
- Sans réservation
Le programme complet avec les horaires par lieu est disponible sur le site du festival. Si vous êtes dans le nord de Paris ce week-end-là, les rues ont de bonnes raisons de vous retenir.
Images par ©Le Printemps des Rues