"Moi et les autres" : l'exposition gratuite qui questionne nos vies numériques

  • La date

    Du mardi au dimanche de 12h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h (du 13 mars au 27 septembre 2026) - à réserver

  • Le tarif

    0 €

  • Les informations

    Avec réservation : cliquez ici

  • Le lieu

    Fondation groupe EDF, 6 rue Juliette Récamier 75007 Paris

    M° : Sèvres-Babylone
    Tél. : 01 40 42 35 35
    http://fondation.edf.com/


La Fondation groupe EDF ouvre gratuitement les portes de son ancienne sous-station électrique pour "Moi et les autres", une exposition qui installe le visiteur au cœur du dispositif : certaines œuvres le filment à son insu, d'autres ne s'activent qu'en scannant l'image avec son propre téléphone. Vingt-trois artistes, dont Sophie Calle et Philippe Parreno, y interrogent nos vies numériques jusqu'au 27 septembre 2026, à travers trois volets : l'ego, l'autre, et le monde connecté dans son ensemble. L'entrée est libre sur réservation, du mardi au dimanche, avec une nocturne le jeudi jusqu'à 22h.


La mécanique de l'exposition de soi

Le premier volet, Ego, s'attarde sur la manière dont Internet a transformé l'individu en image, entre quête de reconnaissance et mise en scène permanente de soi.
  • Ben Grosser installe "Protocols of Looking" : un portrait à l'écran détourne le regard dès qu'on le fixe, pendant qu'une caméra cachée filme à son insu le visiteur sur un second écran.
  • Françoise Pétrovitch expose deux immenses lavis d'encre, "Selfie" et "Sans titre", qui figurent des adolescents happés par leur téléphone, le regard absent.
  • Randa Maroufi ("Dans mon réseau") et Marilou Poncin ("Être belles comme elles") interrogent la pression de la représentation de soi et la quête impossible de perfection.
  • Özgür Kar met en scène sur un écran TV grand format la solitude d'un personnage suspendu entre veille et attente de notifications.
  • Katherine Longly, avec "FAILED I HAVE, IN EXILE I MUST GO", propose un regard empathique sur les hikikomoris japonais, ces personnes qui s'isolent physiquement mais entretiennent en ligne des liens sociaux bien réels.
Six regards différents, une même question en creux : où s'arrête la sincérité et où commence la performance de soi ?


Les liens qu'on tisse, ceux qui se défont

Le deuxième volet, Alter, observe la solidité — ou la fragilité — des liens créés en ligne, entre solidarités inédites et attachements plus volatils.
  • Sophie Calle, dans une commande inédite pour l'exposition, a recueilli un siècle de petites annonces matrimoniales publiées dans "Le Chasseur français" et "Le Nouvel Observateur", classées comme un tableau de chasse.
  • Nicolas Bailleul, dans le documentaire "Les Survivants", capte des conversations entre joueurs dans le décor virtuel d'un jeu de tir, où une simple question — "Peux-tu me décrire ta chambre ?" — fait parfois naître de vraies amitiés.
  • Lauren Lee McCarthy explore les zones grises de la relation humain-machine, avec une performance mettant en scène des travailleurs invisibles derrière un service soi-disant automatisé ("Social Turkers") et une intelligence artificielle jouant les assistantes de vie ("I.A Suzie").
  • Valentina Peri retrace le parcours de Joan Ball, pionnière du rendez-vous par ordinateur dans les années 1970.
  • Philippe Parreno fait flotter des ballons en mylar dans l'espace ("Speech Bubbles"), tandis que Magalie Mobetie interroge le deuil à l'ère du deepfake.


Un réseau qui dépasse les écrans

Le troisième volet, Holo, élargit le regard à l'échelle planétaire, là où le numérique redessine notre rapport au vivant, à l'information et à la mémoire collective.
  • Béatrice Lartigue, avec "Wood Wide Web", invite à scanner ses tirages au téléphone : les formes abstraites s'animent alors, en écho aux réseaux racinaires des champignons qui s'étendent sous nos forêts.
  • Juliette Green a réalisé sur place un dessin mural foisonnant, où chaque contribution imaginaire d'un internaute s'inscrit dans un réseau plus vaste, entre logique de compétition et élan de solidarité.
  • Paola Ciarska peint à la gouache des immeubles miniatures où des dizaines de personnages dansent, chattent et se déguisent, mêlant scènes réelles et imaginaires inspirées des réseaux sociaux.
  • Neïl Beloufa aborde des sujets plus graves — attendre un train pendant qu'un incendie ravage une forêt, sauver un collègue en zone de guerre — pour montrer comment l'information de crise circule désormais par les écrans.
  • Martine Neddam referme la boucle historique avec "Mouchette", un des tout premiers personnages nés sur le web en 1996, aujourd'hui devenu une pièce de patrimoine numérique.
D'un mur de champignons à un personnage web vieux de trente ans, cette dernière section rappelle qu'Internet n'est pas qu'un outil : c'est déjà, en soi, un écosystème.


Une expo qui ne joue pas la carte de la panique

Ce qui distingue "Moi et les autres" d'un simple inventaire des dangers du numérique, c'est son parti pris assumé. Sous le commissariat d'Aurélie Clemente-Ruiz, directrice du musée de l'Homme, et de Camille Roth, sociologue spécialiste des communautés en ligne, l'exposition évite volontairement deux écueils : le discours catastrophiste sur les réseaux sociaux, et l'éloge naïf de la technologie.

Roth rappelle par exemple qu'après une décennie d'études indépendantes, il est difficile d'affirmer que les algorithmes enferment davantage les utilisateurs dans leurs opinions : ils auraient même parfois tendance à exposer à plus de diversité que ce à quoi on s'exposerait seul. Un espace dédié, "La Bulle", permet d'ailleurs de creuser cette question grâce à l'installation "Cogito Ego sum", conçue par Pascal Goblot et Léna Nicollet, qui explicite les mécanismes des bulles de filtre et des chambres d'écho.


Informations pratiques

  • Lieu : Fondation groupe EDF, 6 rue Juliette Récamier, 75007 Paris
  • Dates : du 13 mars au 27 septembre 2026
  • Horaires : du mardi au dimanche de 12h à 19h (sauf jours fériés), nocturne le jeudi jusqu'à 22h
  • Prix : gratuit
  • Bon à savoir : Visites guidées gratuites un samedi par mois à 15h
  • Avec réservation

Vingt-trois artistes, trois façons de regarder nos vies connectées, et au moins une œuvre qui vous observera en retour : de quoi ressortir de la Fondation groupe EDF avec un rapport un peu différent à son propre téléphone.


Images par ©Fondation groupe EDF, Marc Domage



Bon plan proposé par Myr

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    Du mardi au dimanche de 12h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h (du 13 mars au 27 septembre 2026) - à réserver

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  • Le lieu

    Fondation groupe EDF, 6 rue Juliette Récamier 75007 Paris

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